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L’Alchimie dans le cadre du Collegium Rosæ-Crucis.Une définition de l’alchimie semble nécessaire afin d’éclaircir l’intérêt de son étude et de sa pratique. La pratique de l’alchimie remonterait à une époque très reculée. L’Egypte fait souvent figure de foyer de l’alchimie, la plupart du temps en utilisant l’étymologie du terme même d’alchimie comme preuve : al kemit. La terre noire, c’est à dire l’Egypte. On peut aussi citer l’étymologie la plus connue qui est « chimie de Dieu, du divin ». Son apparition est plus compliquée car il apparaît que plusieurs lieux géographiques avaient leur propre tradition alchimique, très ancienne et déjà structurée : la Chine, l’Inde… On comprend donc que cette pratique a quelque chose d’universel pour ainsi apparaître spontanément sur toute la surface du globe et ce depuis la plus haute antiquité. L’alchimie est en fait la science de l’observation de la Nature et de la matière afin de mieux connaître Dieu et soi-même. C’est le pendant concret et matériel de l’évolution spirituelle et conceptuelle de l’individu. Par une observation attentive de la Nature, certaines lois de la vie apparaissent à l’Alchimiste. A partir de ces lois, le praticien va tenter de travailler la matière afin de vérifier sa compréhension du Monde. Par cet acte, il va se rendre compte de l’influence que son état d’être a sur la matière, mais aussi, réciproquement, de l’influence que la matière en évolution peut avoir sur lui. Par ce jeu d’échanges, l’Alchimiste est alors capable de rectifier sa vision de la matière, de la Nature et de lui-même. C’est donc un formidable terrain d’expérimentation spirituelle, concrète. L’alchimie a pour but final l’obtention de la Pierre Philosophale, substance mythique ayant aussi bien des capacités transmutatives sur les métaux que des potentialités médicinales conséquentes. Elle consiste en un choix en conscience d’une matière de départ qui servira de support à un travail d’évolution conjoint de l’Alchimiste et de la substance « vile ». Par des pratiques judicieuses, la matière passera par une phase de putréfaction (Nigredo, Œuvre au Noir) qui permet à la matière de sortir de son état statique lié à son extraction hors de sa matrice, une phase de purification (Albedo, Œuvre au Blanc) qui permet aux principes extraits de la matière putréfiée de se purifier et d’ainsi tendre à une plus grande spiritualité et enfin une phase d’exaltation (Rubedo, Œuvre au Rouge) qui, par une conjonction harmonieuse des principes purifiés, permet une spiritualisation parfaite de la matière. Le résultat est alors une substance rouge (pouvant aller du rouge clair au pourpre foncé) de texture cristalline ou cireuse. Le test final permettant de valider le résultat obtenu est la transmutation métallique, mais elle ne peut avoir lieu qu’après avoir fermenté la Pierre avec de l’or ou de l’argent afin d’obtenir un verre métallique transmutatif, la Poudre de Projection. Par leur connaissance approfondie des lois naturelles, les Alchimistes ont pu appliquer les Lois Alchimiques (qui ne sont en fait que des lois naturelles subtiles) à des domaines variés comme la Médecine (spagyrie, iatrochimie), les Teintures Métalliques (particuliers). Ou encore, en mettant de concert leurs compétences en Astrologie, Théurgie et Alchimie (les fameux trois piliers du Trivium Hermeticum), à réaliser des Amulettes Alchimiques, des Armes Magiques bien plus puissantes, l’Urim et le Thummim. A noter que les Rose-Croix indiquent que la véritable Théurgie n’est efficace que lorsque le Théurge a auparavant absorbé la Pierre Philosophale sous sa forme médicinale, c’est à dire l’Elixir Vitae. L’Alchimie fait partie intégrante du cursus du Collegium Rosae-Crucis en tant que pilier du Trivium Hermeticum qui a toujours été la base de travail de tous les courants Rosi-Cruciens sérieux. Pour preuve, on peut observer le fait que les premiers courants Rose-Croix, non véritablement organisés, étaient à l’origine des groupes informels d’alchimistes échangeant leurs expériences et leurs connaissances du Monde. Un exemple intéressant de cette influence de l’alchimie dans les groupes Rose-Croix peut être examiné. Basile Valentin, pseudonyme d’un alchimiste allemand (ou d’un groupe d’alchimistes, ce qui semble plus probable), vécu durant le XVème siècle. Ses textes sont de grands classiques de l’alchimie et ont guidé de nombreux pratiquants. Son éditeur, Johann Thölde, est entré en possession des manuscrits de Basile Valentin et les a fait publié. Il y aurait eu accès durant son passage dans l’université d’Erfurt, grand foyer d’alchimistes allemands. Avant d’éditer les ouvrages de Basile Valentin, Thölde eut à cœur de mettre en pratique ce qu’il a pu comprendre dans les manuscrits. A partir de là, il s’entoura d’amis et organisa un groupe informel d’alchimistes travaillant sur la base des manuscrits valentiniens. Mais c’est surtout à sa mort (1624) que ce groupe prit de l’importance et qu’un semblant d’organisation apparu. Ce groupe restera discret et n’éditera que très peu d’ouvrages. A la fin du XVIIème siècle, un premier alchimiste de ce groupe d’étude décida d’écrire un traité en commentaire des textes de Basile Valentin (en particulier le Char Triomphal de l’Antimoine). Il s’agit de Theodor Kerckring qui édita son premier ouvrage en 1671. Le XVIIIème siècle fut plus prolixe car ce sont trois auteurs du groupe d’alchimistes allemands qui vont écrire. Le premier fut un alchimiste pour qui l’appartenance au mouvement Rosicrucien ne fait aucun doute. Il s’agit d’Anton Joseph Kirchweger qui, en 1723 (date de la première édition) sortit son ouvrage de grande importance : Aurea Catena Homeri. La lecture de l’ouvrage montre que la structure pédagogique de l’enseignement Rosi-Crucien en matière d’Alchimie est bien rodé. Kirchweger fait le pari réussi d’écrire un ouvrage extrêmement pointu tout en étant très facile d’accès et pédagogique à des alchimistes novices. Cela explique l’engouement des Rose-Croix pour l’Aurea Catena Homeri qui est un ouvrage majeur d’étude. A la suite de Kirchweger, en 1731, Ehrd de Naxagoras écrivit l’Aurum Vellus, qui reste son ouvrage le plus connu. Mais ce qui l’est moins est qu’il écrivit en 1723 un commentaire à l’Aurea Catena Homeri de Kirchweger qu’il expliqua par le biais de ses pratiques personnelles de laboratoire, démontrant la continuité de ce courant d’Alchimistes Rosi-Cruciens. Enfin, il faut citer Johann Georg Toeltius avec son fameux ouvrage “Cœlum Reseratum Chymicum” édité en 1737, qui faillit ne pas sortir car d’après la légende les Rose-Croix achetèrent à prix d’or l’ensemble des premiers ouvrages édités et demanda le silence à Toeltius car les secrets qu’il y dévoilait étaient trop importants pour que tout le monde puisse y avoir accès. Après Kirchweger qui écrivait aussi bien pour les novices que pour les Adeptes, Toeltius écrivit un ouvrage clairement destiné à des Alchimistes compétents et confirmés. Sachant que Sincerus Renatus vivait en Silésie, le lien entre son ordre rosicrucien et le groupe d’Alchimistes allemands suiveurs de Basile Valentin semble très probable. On voit donc que dès les prémices de l’origine de la Rose-Croix, l’alchimie était une pratique fondamentale et déjà très bien maîtrisée. Pour rester dans la continuité du courant Rosi-Crucien originel, le Collegium Rosae-Crucis propose un Cursus Alchimique complet. Il commence par une étude théorique de textes Alchimiques simples d’accès. Suit alors une pratique de laboratoire basée essentiellement sur la Spagyrie afin de faciliter l’assimilation des concepts Alchimiques étudiés dans les textes. La Spagyrie est alors étudiée dans tous ses aspects aussi bien végétal que minéral/métallique. Après une maîtrise suffisante des textes et de la pratique, l’impétrant est invité à choisir une voie Alchimique et à la mettre en pratique jusqu’à sa finalité. Ayant obtenu la Pierre Philosophale dans la voie de son choix, il est alors capable de poursuivre son étude des textes, de pratiquer d’autres voies Alchimiques et enfin de pouvoir réaliser et appliquer de manière cohérente le Trivium Hermeticum en associant judicieusement l’Alchimie à l’Astrologie et à la Théurgie. Frater S.D.V.P
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![]() ![]() Basile Valentin. ![]() Le Char Triomphal de l’Antimoine ![]() Aurea Catena Homeri, Iena 1757. |
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Voir également notre page consacrée aux Travaux du Collegium Rosæ Crucis. |